Le MAMblog

La Sororité : pourquoi les mères d’adolescents ont besoin d’autres femmes

Ce que tu ne dis à personne

Il y a des choses que tu ne dis pas.

Pas à ton conjoint parce qu’il ne comprend pas vraiment, ou parce que tu ne veux pas inquiéter, ou parce que la conversation dérive toujours vers l’ado et jamais vers toi.

Pas à ta mère parce qu’elle minimise, ou parce qu’elle dramatise, ou parce que la dynamique entre vous est trop chargée pour que tu puisses être vraiment honnête.

Pas à tes amies dont les enfants sont petits parce qu’elles ne sont pas encore là et que tu sens, en essayant d’expliquer, que tu parles une langue qu’elles ne parlent pas encore.

Alors tu les gardes. Ces choses que tu ne dis à personne. Cette fatigue qui n’a pas de nom. Cette colère qui surgit sans prévenir. Ce sentiment étrange d’être à la fois trop proche et trop loin de ton enfant. Ce vide qui apparaît parfois le soir quand tout le monde est dans sa chambre et que tu te retrouves seule dans le salon sans savoir quoi faire de toi-même.

Tu les gardes. Et elles pèsent.

Ce que la neurologie et la psychologie sociale nous disent aujourd’hui, c’est que ce silence a un coût biologique réel. Et que son antidote s’appelle la sororité.


Le mythe de l’autosuffisance maternelle

Notre culture valorise la mère forte. Celle qui gère. Celle qui ne se plaint pas. Celle qui trouve des solutions, qui maintient l’équilibre, qui sourit aux réunions parents-profs même quand elle est épuisée.

Cette image est un mythe. Et un mythe dangereux.

L’être humain et la femme en particulier n’est pas conçu pour traverser les grandes transitions de vie en isolation. Pendant des millénaires, les femmes élevaient leurs enfants entourées d’autres femmes. Mères, sœurs, voisines, amies. Un réseau dense de présences féminines qui partageaient les tâches, les savoirs, les peines et les joies.

Ce réseau a largement disparu. La famille nucléaire, l’urbanisation, le travail, les déménagements nous avons construit des vies où chaque famille est une île. Et les mères se retrouvent seules avec une charge qui n’a jamais été conçue pour être portée seule.

La Seconde Matrescence aggrave cet isolement. Parce que contrairement à la naissance d’un enfant qui crée des communautés naturelles, des groupes de parents, des réseaux de jeunes mamans l’adolescence de ton enfant ne génère pas de réseau de soutien automatique. Il n’existe pas de groupe Facebook « Mères d’ados épuisées de la Côte d’Azur » où tu arrives avec ton bébé sous le bras et où quelqu’un te tend un café.

Tu traverses ça seule. Ou presque.


Ce que la science dit sur les femmes et le lien social

Le lien social n’est pas un luxe émotionnel. C’est une nécessité physiologique.

Les recherches de la chercheuse Shelley Taylor à l’UCLA ont mis en évidence ce qu’elle appelle la réponse « tend and befriend » littéralement « prendre soin et se lier ». Face au stress, les femmes ont une réponse neurobiologique différente de la réponse combat-fuite classiquement décrite. Sous stress, les femmes sécrètent de l’ocytocine l’hormone du lien qui les pousse à chercher la présence d’autres femmes et à en prendre soin.

Autrement dit : quand tu es épuisée et débordée, ton cerveau te dit biologiquement d’aller vers d’autres femmes. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est de l’intelligence neurologique.

Et quand cette impulsion est satisfaite quand tu te retrouves avec des femmes qui te comprennent, qui traversent la même chose, qui peuvent témoigner de ta réalité sans la juger l’ocytocine monte. Le cortisol descend. Le système nerveux se régule.

Une conversation profonde avec une amie qui comprend est, biologiquement, un acte de soin envers ton système nerveux. Aussi puissant que la méditation. Aussi régulateur que la respiration lente.

La sororité n’est pas un bonus. C’est une pratique de santé.


Pourquoi les amis « normaux » ne suffisent pas

Toutes les amitiés ne se valent pas quand on traverse la Seconde Matrescence.

Il y a les amies de longue date dont les enfants sont petits. Tu les aimes profondément. Mais quand tu essaies de leur expliquer ce que tu ressens, tu sens le décalage. Elles sont dans la matrescence acte I épuisées autrement, préoccupées autrement. Elles ne peuvent pas encore voir ce que tu vois.

Il y a les collègues avec qui tu déjeunes. La conversation reste en surface les enfants en général, le travail, les vacances. Personne ne parle vraiment. Personne ne dit les choses difficiles.

Il y a ta sœur, ta belle-sœur, ta voisine. Des liens forts, parfois. Mais chargés d’histoire, de dynamiques familiales, de non-dits qui compliquent la vraie transparence.

Ce dont tu as besoin ce que la sororité au sens profond du terme offre c’est quelque chose de différent. Des femmes qui sont exactement là où tu es. Qui ont un ado à la maison. Qui connaissent ce moment précis de 16h quand la clé tourne dans la serrure. Qui ont ressenti cette même chose étrange aimer profondément son enfant et avoir envie de s’enfuir au bout du monde en même temps.

Des femmes avec qui tu n’as pas besoin d’expliquer le contexte. Parce qu’elles vivent le même contexte.

C’est ça, la sororité réelle. Pas juste des amies. Des témoins. Des miroirs. Des femmes qui voient ce que tu traverses parce qu’elles le traversent aussi.


Ce que la sororité fait concrètement

Quand tu trouves ces femmes et quand tu crées un espace pour vous retrouver régulièrement plusieurs choses se produisent.

Tu te sens moins seule. Ce qui semble évident mais dont l’impact biologique est profond. La solitude chronique augmente le cortisol, perturbe le sommeil, affaiblit le système immunitaire. Le sentiment d’appartenance fait l’inverse.

Tu relativises. Quand tu entends une autre mère décrire exactement ce que tu vis la même scène, la même réaction, le même épuisement tu réalises que ce n’est pas toi qui es défaillante. C’est la situation qui est intense. Cette relativisation est un puissant régulateur émotionnel.

Tu reçois des ressources réelles. Une thérapeute testée. Un lieu de retraite sur la Côte d’Azur. Une pratique qui fonctionne vraiment. Une façon de gérer telle conversation avec ton ado. Les femmes qui partagent des expériences similaires partagent aussi des solutions concrètes et ces solutions sont infiniment plus pertinentes que les conseils génériques qu’on trouve partout.

Tu te rappelles qui tu es. Dans le regard d’une autre femme qui te voit vraiment pas comme une mère, pas comme une épouse, pas comme une professionnelle mais comme une femme qui traverse une transformation tu retrouves quelque chose de toi-même. Ce quelque chose que l’isolement érode doucement.

Tu guéris par le témoin. Il y a quelque chose de profondément thérapeutique dans le fait d’être entendue sans être jugée. La psychologie le documente depuis des décennies. Le simple fait de dire les choses à voix haute, devant des femmes qui accueillent sans minimiser ni dramatiser, a un effet régulateur direct sur le système nerveux.


La sororité ne se trouve pas, elle se crée

L’attendre passivement ne fonctionne pas. La sororité profonde, celle qui nourrit vraiment, se construit intentionnellement.

Cela signifie aller vers. Proposer. Initier. Créer les conditions d’une rencontre réelle plutôt qu’une énième soirée où tout le monde parle de tout sans parler de rien.

Cela signifie aussi choisir. Toutes les femmes ne sont pas disponibles pour ce niveau de profondeur. Certaines préfèrent la surface et c’est leur droit. La sororité réelle se crée avec celles qui sont prêtes à descendre en dessous.

Et cela signifie parfois aller chercher ces femmes hors de ton cercle existant. Dans une retraite. Dans un groupe en ligne. Dans une communauté construite autour d’une expérience partagée comme celle que Mam and the City est en train de créer sur la Côte d’Azur.


Ce que Mam and the City construit

La sororité est l’un des piliers fondateurs de Mam and the City. Pas comme concept abstrait comme pratique concrète.

Le groupe Facebook « Mamans d’ado de la Côte d’Azur » est un premier espace gratuit, ouvert, horizontal. Un endroit où poser les questions qu’on ne pose nulle part ailleurs. Où recevoir des retours de femmes qui vivent la même chose à Cannes, Nice, Antibes, Monaco, Grasse.

Le canal Instagram « Le Cercle » est un espace plus intime des échanges directs, des partages en avant-première, une communauté resserrée autour d’une même vision.

Et dans les mois qui viennent, des rencontres physiques. Des espaces de sororité réelle, ancrés dans le territoire de la Côte d’Azur. Parce que rien ne remplace la présence. Le regard. Le café partagé. Le rire qui libère ce qu’on portait seule depuis trop longtemps.

Parce que traverser sa Seconde Matrescence entourée, c’est la traverser autrement.

Et tu mérites de la traverser entourée. 🌙


Diane, psychopraticienne et fondatrice de Mam and the City Cannes · Côte d’Azur · mamandthecity.com


À lire aussi :

Vous pourriez également aimer...